Programme doctoral
Mesurer le processus, sans le déclarer prouvé
Croyances, modes, régulation : dans quelle mesure contribuent-ils à l’évolution clinique au cours d’une thérapie des schémas ?
10. Un programme, pas une conclusion déjà tirée
Question principale : dans quelle mesure les modifications des croyances fondamentales, des modes de schémas et des stratégies de régulation contribuent-elles à l’évolution clinique au cours d’une thérapie des schémas ?
H1
La diminution des croyances fondamentales négatives est associée à une réduction de la sévérité psychopathologique.
H2
Les modifications des modes de schémas présentent une relation temporelle avec l’évolution clinique.
H3
Le développement du mode Adulte Sain est associé à une amélioration du fonctionnement psychosocial.
H4
La diminution des stratégies de coping rigides est associée à une augmentation de la flexibilité psychologique.
H5
Les relations entre ces variables présentent une hétérogénéité interindividuelle.
Six temps
T0
Évaluation initiale
T1
Début de traitement
T2
Première phase intermédiaire
T3
Fin de traitement
T4
Suivi à six mois
T5
Suivi à douze mois
Mesures
- YSQ — schémas précoces inadaptés
- SMI — modes de schémas
- Mesure standardisée des symptômes
- Fonctionnement psychosocial
- Qualité de vie
- Régulation émotionnelle
- Alliance thérapeutique
- Mesures écologiques répétées, en complément
Analyses envisagées
- Modèles linéaires mixtes
- Modèles multiniveaux
- Médiations longitudinales, dans l’ordre temporel, avec les valeurs initiales
- Analyses de modération
- Sensibilité aux données manquantes
- Trajectoires individuelles
Ce qu’une étude longitudinale ne pourra pas dire seule
Une étude observationnelle longitudinale ne démontre pas, à elle seule, une causalité. L’alliance, les traitements concomitants, l’adhésion, les événements de vie et la sévérité initiale doivent être pris en compte.
Une démonstration plus forte des mécanismes demanderait des plans expérimentaux ou des essais de démantèlement, capables d’isoler la contribution de composantes thérapeutiques précises. Une analyse de puissance ou une simulation devrait fixer la taille d’échantillon avant le recueil. Un préenregistrement préciserait les hypothèses principales, les critères de jugement, les analyses secondaires et les règles de gestion des données.
12. Ni effacer l’histoire, ni la laisser décider seule
La thérapie des schémas est une contribution majeure à l’évolution des TCC pour comprendre des difficultés psychologiques persistantes. Son intérêt est l’articulation entre expériences développementales, croyances fondamentales, organisations émotionnelles, modes et stratégies d’adaptation.
Les recherches récentes renforcent l’intérêt d’étudier les modes comme variables associées au changement clinique. Leur rôle causal reste à préciser. Les comparaisons contemporaines invitent à abandonner toute prétention à la supériorité universelle d’un modèle.
La proposition théorique de cette communication est de voir le changement comme une reconfiguration dynamique des relations entre croyances, activation schématique, modes, régulation et environnement. L’attention se déplace de la seule réduction symptomatique vers la transformation des modalités de fonctionnement, et vers le développement de capacités adaptatives.
L’étape scientifique suivante est d’établir si ces dimensions contribuent vraiment aux résultats, selon quelles temporalités, et dans quelles conditions. La thérapie des schémas se conçoit alors comme un programme de recherche clinique en évolution. Sa valeur dépendra de la précision de ses construits, de la reproductibilité de ses résultats, et de sa capacité à produire des hypothèses réfutables.